Retraité, le père Yves Wecxsteen quitte la paroisse Charles-de-Foucauld

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Retraité, le père Yves Wecxsteen quitte la paroisse Charles-de-Foucauld

 

 

Roubaix : Retraité, le père Yves Wecxsteen quitte la paroisse Charles-de-Foucauld

Depuis janvier, il est aux commandes de la toute nouvelle paroisse Charles-de-Foucauld. Un vaste secteur issu de la fusion de six églises des quartiers nord et ouest de la ville. En septembre, le doyen Yves Wecxsteen, 75 ans, passera le relais. Entretien avec un futur retraité, indéfectible optimiste.

Sur le parvis Saint-Vincent-de-Paul à la Mackellerie, le curé Yves Wecxsteen entouré des enfants du quartier

 

Sur le parvis Saint-Vincent-de-Paul, la porte du presbytère est grande ouverte. Comme souvent. Nous sommes vendredi. À peine les pieds dehors, le curé Yves Wecxsteen est encerclé par les enfants du quartier. Ils sont une dizaine cet après-midi-là sur l’aire de jeux qui jouxte la maison. « Viens jouer avec nous M’sieur le curé », demande Timéo en prenant le doyen par la main. « Ici il y a de la vie, c’est ce que j’aime », sourit Yves Wecxsteen.

Curé de la paroisse Charles-de-Foucauld, il officie dans cinq églises des quartiers nord et ouest de Roubaix : Saint-Vincent-de-Paul, Saint-Sépulcre, Saint-Antoine, Saint-Joseph, Saint-François et Sacré-Cœur. En septembre, il quittera Roubaix pour rejoindre la paroisse Saint-Augustin à Lille-Moulins. « À 75 ans, les prêtres sont invités à donner leur démission à l’évêque. C’est mon tour », explique le vieux bonhomme. À Lille, il ne sera ni doyen, ni curé, simplement « un soutien dans la paroisse, dans la vie du quartier ».

Un point commun : la foi

Yves Wecxsteen est arrivé à Roubaix il y a six ans. Une ville « de contrastes » qu’il a appris à aimer. Même si la religion catholique n’est pas « dominante ».

« Entretenir un lien avec la communauté musulmane, c’est capital si on ne veut pas qu’on finisse par s’ignorer les uns les autres. Et puis même si nous ne partageons pas les mêmes croyances, nous avons un point en commun : la foi » C’est cette foi commune qui l’a d’ailleurs amené en 2008 à prier avec deux musulmans au chevet de Jean-Pierre Lafage, l’ancien proviseur du lycée Lavoisier et président fondateur du CCMA (Centre culturel du monde arabe). « Ensemble on a récité des prières, chacun dans notre langue. C’était un moment très fort. Un souvenir qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. »

Au fil des ans, « M’sieur le curé », s’est fait une place dans le quartier. Il lui arrive, comme ce fut le cas la semaine dernière, de partager un barbecue avec la communauté africaine, de rompre le jeûne pendant la période de ramadan avec une famille musulmane. Il est comme ça Yves Wecxsteen, il aime les gens. « Un prêtre ce n’est pas seulement quelqu’un qui prie. C’est d’abord celui qui écoute. »

Dunkerque, Hazebrouck, Villeneuve-d’Ascq…

Yves Wecxsteen est né à Hem, d’un père préparateur en pharmacie. De sa jeunesse, il se souvient de la complicité partagée avec ses huit frères et sœurs, de la guerre aussi. Il garde par exemple en mémoire le bruit des moteurs d’avions qui survolaient sa maison pendant la nuit. « Je me souviens, on allait se cacher dans les sous-sols. À l’époque, c’était presque un jeu. » Qu’est-ce qui a poussé le jeune homme à embrasser une telle voie ? « Je n’ai pas eu de flash, encore moins d’illumination », admet-il. Sa vocation s’est confirmée au fil de rencontres, au gré de ses expériences aussi comme son service militaire en Algérie. « C’était juste avant l’indépendance. Au contact des autres, pas forcément croyants d’ailleurs, j’ai mûri ma vocation. » En 1964, il est ordonné prêtre à Lille par le cardinal Liénart. « C’était sa dernière ordination. » Dans la foulée, il est nommé à Dunkerque, et devient aumônier dans des quartiers populaires. « Il y avait beaucoup de familles ouvrières, de dockers. » Il y restera 23 ans. Il enchaînera avec Hazebrouck, Tourcoing, Villeneuve-d’Ascq… jusqu’à poser ses valises rue du Danemark à Roubaix. « De l’extérieur, on a tendance à associer Roubaix aux faits divers. Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. Moi j’ai choisi de mettre en avant la forêt. »

Dernière messe d’Yves Wecxsteen le dimanche 15 septembre, à 10 h 30, au sein de l’église Saint-Joseph à l’Alma.


 

Publié le 14/07/2013 dans Nord Eclair
Par ÉLODIE BARTOLIC