Histoire

Histoire de l'église


L’église Saint Joseph de Roubaix est considérée comme le plus important et le plus beau témoignage connu de l’œuvre des Flamands en France.

En effet, l’ouverture du canal de Roubaix  en 1873 stimule le développement de grandes usines textiles dans ce quartier nord de Roubaix, avoisinant les villes de Tourcoing et de Wattrelos. Modernes et performantes, ces entreprises attirent massivement la main d’œuvre venue de Roubaix, de ses campagnes environnantes mais aussi de la Belgique toute proche.

Pour venir en aide à ces familles déracinées, coupées de leur famille et de leurs racines paysannes, des structures organisées au sein même de nouvelles paroisses se mettent en place. On en connaît à Lille et Tourcoing notamment.

La première pierre est posée le 6 août 1876. L’église est consacrée le 10 novembre 1878 par Monseigneur Monnier. Elle est édifiée à partir des plans du Baron Béthune (1821-1894), architecte flamand et principal animateur en Belgique du mouvement néogothique de l’Europe du Nord-Ouest
.

 

En 1880, l’architecte roubaisien Dhooge adjoint un presbytère à l’église. En 1882, la maison vicariale puis les salles de catéchisme et de chorale sont construites. En 1887, l’architecte roubaisien Ernest Thibeau  ajoute, à gauche de l’entrée, une magnifique chapelle dédiée à Notre Dame de Lourdes et à droite, les fonts baptismaux.
 

L’ensemble paroissial se complète peu à peu avec des salles de réunion, des écoles, des cercles catholiques, des patronages, une bourloire, un théâtre et même un terrain de football rue de l’Union à Wattrelos… En 1895, cinq vicaires ont en charge cet ensemble d’animations spirituelles, sociales, éducatives, sportives et récréatives qui règlent la vie des fidèles.

Ouverte au culte sans aucun ornement intérieur, il faudra plus de 30 ans pour réaliser le programme décoratif qui démarre réellement dans les années 1880 avec la mise en place des vitraux. Les décors peints sont entrepris à partir de 1891, en plusieurs campagnes, par le peintre hollandais Guillaume Beumens. L’ensemble décoratif relève ici d’un art savant conçu avec une grande maîtrise technique. L’intérieur de l’église Saint Joseph présente un chef d’œuvre des arts décoratifs de la fin du 19ème siècle où la peinture, la sculpture, le vitrail forment un tout cohérent et ordonné, propice au recueillement.


Dans les années 1970-1980, le quartier, alors en pleine désagrégation industrielle, se retrouve avec un grand nombre de friches inoccupées et beaucoup de petites maisons sont dégradées. C’est la période des destructions massives. Sur une photo de 1983, on observe encore un paysage urbain bien spécifique avec l’école des Frères installée à l’angle rue de la Chaussée et des Anges mais qui va être livré aux bulldozers.

 

L’église Saint Joseph doit aussi être démolie et une importante campagne de sauvegarde permet la conservation de l’église. Celle-ci voit d’abord son mobilier inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques par arrêté préfectoral du 17 décembre 1982 puis le bâtiment est classé Monument Historique par arrêté ministériel du 4 juin 1993.

 

Malgré les importantes destructions dans le quartier et le départ de nombreux habitants on peut, aujourd’hui encore, admirer quelques éléments remarquables de l’ensemble architectural notamment l’église, son presbytère, la sacristie, les salles de catéchisme et l’école Sainte Lucie.

 

Construite dans le quartier ouvrier du Fontenoy, l’église Saint Joseph, par son style architectural, s’inscrit à présent comme témoin de la pensée de l’église catholique qui accompagnera le développement industriel de la ville de Roubaix dans la seconde moitié du XIXème siècle.
 

 

Recherches :


Archives Diocésaines de Lille – Dossier Eglise Saint Joseph de Roubaix
Archives Municipales – Série M II A E 1
Archives Départementales du Nord – Série O
Mme Marie-Josèphe Lussien-Maisonneuve : Contagion néogothique et urbanisme dans les villes septentrionales au XIXème siècle.
Mme Marie-Josèphe Lussien-Maisonneuve : Gothic Revival, Religion, Architectures and Style in Western Europe 1815-1914, proceedings of the Leuven Colloquium 7/10 november 1997, Edited by Jan de Maeyer and Luc Verpoest.